L'Anémone pulsatille alias Coquerelle ou Pulsatilla vulgaris, une fleur remarquable de nos campagnes…[6]

Une timide sous son capuchon, telle est la pulsatille avec son coeur jaune et ses bras poilus

Alors que l'hiver s'accroche encore avec ténacité aux pentes des montagnes ou au causse battu par les vents, une courageuse montre le bout de son nez.

Celui-ci est d'ailleurs poilu, pour ne pas dire velu, et c'est une caractéristique que partagent toutes les parties de cette plante : une pilosité remarquable qui couvre les feuilles, la tige, le bouton et la face externe des pétales.

C'est au mois d'avril, plus ou moins tôt suivant la latitude et l'altitude que cette renonculacée sort de terre pour laisser s'épanouir dix à quinze centimètres plus haut une unique fleur pourpre (ou violet franc dans le cas de la variété costeana ou "anémone pulsatille de Coste", endémique des Grands Causses, ci-contre). Le coeur est une sorte de petit oursin jaune d'or hérissé de piquants. Cette fleur de six centimètres de diamètre ressemble un peu aux fleurs de cosmos si connues des jardiniers, mais ces dernières ne sont pas poilues.

Alors que la fleur est encore en bouton, elle a l'apparence d'un fourreau très velu de couleur gris vert avec des touches de violet foncé à l'extrémité.

bouton d'anémone pulsatillePlus tard, alors que la fleur commence à faner, la Pulsatille commence à fabriquer ses feuilles, qui, auparavant, étaient absentes. Elles sont aussi très velues et extrêmement découpées, comme des lanières. Le fruit ressemble à une petite perruque luisante, avec les cheveux dans le vent.

Habitat

L'Anémone Pulsatille aime les terrains calcaires d'altitude comme les plateaux des grands causses ou les pentes des montagnes, pourvu que le calcaire y domine. C'est une plante qui ne s'ouvre qu'au soleil et se referme complètement à la moindre goutte de pluie, prenant le vent comme une petite girouette en attendant que passe l'orage.

Il n'est pas rare au mois d'avril, de rencontrer ces anémones montrant frileusement leurs fleurs courbées vers le sol recouvert de grelons après un orage de printemps. Dès que le soleil réapparait, elles s'épanouissent à nouveau !

Usages

Cette fleur est toxique, bulbe, racines, tige et fleur comprises ! Elle contient des alcaloïdes très vénéneux, mais elle est parfois utilisée médicalement, car les fleurs cuites au four et réduites en poudre ont la vertu de faire éternuer et de chasser les maux de tête. De fait, ces substances alcaloïdes sont calmantes et analgésiques à certaines doses soigneusement contrôlées.

C'est probablement de là que vient son nom : "pulsatille", qui pulse, par analogie avec les pulsations du coeur que cette plante pourrait réguler.



L'Anémone Pulsatille est parée de nombreux noms suivant les régions : coquerelle, coquelourde, fleur du vent, fleur de pâques, fleur des dames.

Ci-contre la Pulsatille rouge (Pulsatilla rubra), une espèce très proche qui pousse notamment dans le Sud du Massif-Central.

Habitat

Cherchez là sur les pentes bien exposées, dans des zones exemptes de pollution aux pesticides, car elle ne les supporte pas. Vous la trouverez dans toute la france, plutôt dans les zones d'altitude, mais pas forcément : par exemple, les pentes crayeuses des côteaux de la seine exposés au sud sont un biotope riche en anémones. On peut la trouver assez facilement entre Rouen et Mante-la-jolie, vers les Andelys, ce qui fera plaisir aux parisiens, qui, pour une fois, n'auront pas à se déplacer très au sud pour admirer cette magnifique fleur dans la nature.

L'origine des Anémones selon la légende…

« Adonis, jeune homme très beau, était aimé d'Aphrodite, déesse de l'amour. Adonis allait souvent à la chasse. Un jour qu'il poursuivait un sanglier dans la forêt, l'animal, blessé par son javelot, se retourna contre lui et le perfora de ses défenses. En fait, ce sanglier était Arès, dieu de la guerre et mari d'Aphrodite, qui se vengeait ainsi, vexé d'avoir été trompé par un mortel. Adonis mourut dans les bras d'Aphrodite qui, de son sang répandu sur l'herbe, fit naître ces belles anémones. » (source Rustica).

Pour bien faire la différence entre l'anémone pulsatille sensu-stricto et sa cousine "costanea", n'hésitez pas à consulter notre flore "Fleurs en poche" où les deux fleurs sont présentes !
Photos de l'auteur. Reproduction interdite sans autorisation.

Article par Pierre-Olivier Templier


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