L'Anémone pulsatille ou Pulsatilla vulgaris, une fleur remarquable de nos campagnes.

Une timide sous son capuchon, telle est la Pulsatille avec son cœur jaune et ses bras poilus.

Alors que le triste vent de l'hiver souffle encore avec acharnement sur l'herbe brunie des collines, une fleur courageuse montre le bout de son nez.

Celui-ci est d'ailleurs plutôt velu. C'est une caractéristique que partagent toutes les parties de cette plante : une pilosité remarquable qui couvre les feuilles, la tige, le bouton et la face externe des pétales.

C'est au mois d'avril, plus ou moins tôt suivant la latitude et l'altitude que cette renonculacée sort de terre pour laisser s'épanouir dix à quinze centimètres plus haut une unique fleur pourpre (ou violet franc dans le cas de la variété costeana ou «anémone pulsatille de Coste», endémique des Grands Causses, photo 1). Le cœur de la fleur est une sorte de petit oursin jaune d'or hérissé de piquants. Cette fleur de six centimètres de diamètre ressemble un peu aux fleurs de cosmos si connues des jardiniers, mais ces dernières ne sont pas poilues.
 
Alors que la fleur est encore en bouton, elle a l'apparence d'un fourreau très velu de couleur gris vert avec des touches de violet foncé à l'extrémité. Le bouton est dressé vers le haut, mais la fleur complètement épanouie est penchée à l'horizontale. Plus tard, alors que la fleur commence à faner, la Pulsatille commence à fabriquer ses feuilles, qui, auparavant, étaient absentes. Elles sont aussi très velues et extrêmement découpées, comme des lanières. Le fruit ressemble à une petite perruque luisante, avec les cheveux dans le vent.

Habitat

L'Anémone Pulsatille aime les terrains calcaires secs et pauvres comme les plateaux des Grands Causses ou les pentes des montagnes, à basse altitude. Elle pousse dans les pelouses sèches. C'est une plante qui ne s'ouvre qu'au soleil et se referme à la moindre goutte de pluie, oscillant dans le vent en attendant que passe l'orage. Il n'est pas rare, au mois d'avril, de rencontrer ces anémones montrant frileusement leurs fleurs courbées vers le sol recouvert de grêlons après un orage de printemps. Dès que le soleil réapparaît, elles s'épanouissent à nouveau.

Usages

Cette fleur est toxique, bulbe, racine, tige et fleur comprises. Elle contient des alcaloïdes très toxiques, mais elle est parfois utilisée médicalement, car les fleurs séchées au four et réduites en poudre ont la vertu de faire éternuer et de chasser les maux de tête. De fait, ces substances alcaloïdes sont calmantes et analgésiques à certaines doses soigneusement contrôlées.

Son nom de «pulsatille» lui a été donné par analogie avec les pulsations du cœur que cette plante pourrait réguler grâce aux substances que l'on en extrait.

L'Anémone pulsatille a été très diversement nommée selon les régions : coquerelle, coquelourde, fleur du vent, fleur de Pâques, fleur des dames, etc.

Il faut la chercher sur les pentes bien exposées, dans des zones exemptes de pollution aux pesticides, car elle ne les supporte pas. Elle pousse dans toute la France, par exemple sur les pentes crayeuses et herbeuses des coteaux de la Seine exposés au sud qui sont un biotope riche en anémones. On peut donc la trouver assez facilement entre Rouen et Mante-la-jolie, vers les Andelys, ou même en forêt de Fontainebleau où elle est commune, par endroits. Cela fera plaisir aux habitants de l'Île de France, qui pour une fois n'auront pas à se déplacer plus au sud pour admirer cette magnifique fleur dans la nature.

L'origine légendaire des Anémones...

Dans l'antiquité, on confondait les fleurs des Anémones et des Adonis, qui sont pourtant différentes. Selon la légende, Adonis était un très beau jeune homme qui était aimé à la fois de Perséphone (reine des morts) et d'Aphrodite (déesse de l'Amour). Un jour, Adonis fut tué par un féroce sanglier lors d'une chasse, envoyé par Arès, dieu de la guerre et frère d'Aphrodite. Celle-ci, inconsolable, purifia le sang de son amant, l'arrosa d'une liqueur divine, et de ce sang naquit une belle fleur pourpre : l'Anémone (ou l'Adonis).
Selon une autre version, Anémone, la plus belle des nymphes de la Grèce, était aimée par Zéphyr, le dieu des vents. La femme de ce dernier, par jalousie, la transforma en fleur.

Sur la dernière photo, la Pulsatille rouge (Pulsatilla rubra), une espèce très proche qui pousse notamment dans le sud du Massif central.
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